Sommaire
- 1 L’incertitude économique au cœur des priorités
- 2 Stabiliser l’économie dans un contexte incertain
- 3 L’allocation efficace des ressources : un impératif stratégique
- 4 Le rôle des circuits de financement dans la transition économique
- 5 Assurer la continuité malgré les bouleversements économiques
- 6 Des ambitions claires pour 2025
L’incertitude économique au cœur des priorités
Dans un environnement mondial marqué par des turbulences économiques et géopolitiques, la stabilité des systèmes financiers reste une priorité cruciale pour les États et les autorités monétaires. Lors de la récente conférence annuelle de l’OFEM (Observatoire du financement des entreprises par le marché), Denis Beau, premier sous-gouverneur de la Banque de France, a présenté un bilan détaillé des actions menées en 2024 et a esquissé les orientations stratégiques pour 2025. Dans son discours, il a insisté sur les efforts soutenus pour réduire les incertitudes économiques, améliorer l’allocation des ressources et renforcer les mécanismes de financement pour soutenir les entreprises françaises. Alors que l’inflation semble en voie d’être maîtrisée, de nouveaux leviers, tels que le développement du capital-risque et l’Union pour l’épargne et l’investissement (UEI), se présentent comme essentiels pour relever les défis à venir.
Stabiliser l’économie dans un contexte incertain
Les perturbations des dernières années ont exacerbé les défis macroéconomiques. Entre les tensions géopolitiques mondiales et les ajustements liés aux transitions énergétique et climatique, les entreprises françaises évoluent dans un environnement incertain. Ce climat complique l’élaboration de stratégies de croissance à long terme. La Banque de France, consciente de ces obstacles, s’est engagée à jouer un rôle de stabilisateur macroéconomique et financier.
En 2024, un effort particulier a été fait pour contenir une inflation galopante qui, durant l’année précédente, atteignait des sommets historiques. Grâce à une politique monétaire rigoureuse, associée à des mesures structurelles visant à encourager une meilleure gestion des chaînes d’approvisionnement, l’inflation a été réduite à une moyenne de 3,4 % sur l’année, contre 5,6 % en 2023. Cette percée a permis de restaurer un climat de confiance chez les investisseurs, renforçant ainsi la stabilité financière. Cependant, le défi pour 2025 reste de favoriser une croissance inclusive tout en gérant les tensions éventuelles sur les taux d’intérêt à mesure que les économies du monde entier s’ajustent à un nouveau paradigme.
L’allocation efficace des ressources : un impératif stratégique
L’un des points majeurs du discours de Denis Beau repose sur l’optimisation de l’allocation des ressources au sein de l’économie française. Le système actuel, encore en phase d’adaptation après les diverses réformes de ces dernières années, souffre parfois de dysfonctionnements qui freinent l’accès des PME et des startups aux financements à long terme.
Pour y remédier, la Banque de France a mis en lumière le rôle central de l’innovation, en encourageant particulièrement le développement du capital-risque. Ce segment, bien qu’en croissance, reste en retrait en France par rapport à d’autres grandes économies européennes comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne, où les montants levés par les fonds de capital-risque atteignaient respectivement 18 milliards d’euros et 16 milliards d’euros en 2024, contre seulement 9 milliards d’euros en France. Pour combler cet écart, Denis Beau a plaidé pour une coopération renforcée entre investisseurs institutionnels, pouvoirs publics et marchés financiers afin d’amplifier ces investissements stratégiques.
L’initiative de l’Union pour l’épargne et l’investissement (UEI) constitue également une avancée majeure. Ce projet ambitieux vise à encourager les ménages français à réorienter une part plus significative de leur épargne, évaluée à 5 600 milliards d’euros, vers des placements productifs. Une telle réallocation permettrait un meilleur soutien aux projets porteurs d’emplois et d’innovations technologiques, essentiels à la compétitivité nationale.
Le rôle des circuits de financement dans la transition économique
Alors que le tissu économique évolue pour répondre aux enjeux environnementaux et numériques, les entreprises françaises doivent avoir accès à des instruments de financement diversifiés et adaptables. Ce besoin est particulièrement marqué dans les secteurs grevés par les investissements lourds, comme les énergies renouvelables ou l’industrie manufacturière innovante.
En 2024, l’accès croissant aux marchés obligataires a permis à plusieurs grands groupes d’émettre des obligations vertes, avec des chiffres évalués à plus de 120 milliards d’euros d’émissions en un an. Ce succès doit maintenant s’élargir aux petites structures. Pour cela, la Banque de France travaille à instaurer un cadre réglementaire favorable aux outils alternatifs comme le crowdfunding ou les obligations à impact. Ces efforts visent notamment à aider les PME à mobiliser des capitaux tout en répondant aux attentes croissantes en matière de développement durable.
Par ailleurs, le soutien à l’export reste une clé essentielle de la solidité financière des entreprises françaises. En 2024, les exportations françaises ont enregistré une hausse de 7,2 %, favorisée par l’euro faible et la reprise économique post-COVID dans certaines régions du monde, comme l’Asie et l’Amérique latine. Assurer ces débouchés extérieurs passe par un accompagnement accru des entreprises exportatrices dans leurs démarches de financement, notamment à travers Bpifrance et d’autres dispositifs publics.
Assurer la continuité malgré les bouleversements économiques
Enfin, Denis Beau a souligné l’importance du rôle des institutions financières publiques dans la construction d’une économie résiliente face aux chocs imprévus. L’incertitude économique, qu’elle soit provoquée par des conflits internationaux, des évolutions politiques ou des transformations technologiques rapides, impose de disposer de mécanismes solides pour protéger les entreprises.
Ceci inclut le maintien d’un accès stable aux crédits pour les petits entrepreneurs à l’échelle nationale. À la fin de 2024, les banques françaises ont consenti environ 1 200 milliards d’euros de prêts aux entreprises, un montant stabilisé par rapport à l’année précédente. Ce chiffre démontre une certaine réussite dans la préservation de la confiance malgré les fluctuations macroéconomiques. Cependant, il reste impératif de diversifier davantage les canaux de financement pour limiter une trop grande dépendance aux prêts bancaires, particulièrement en période de hausse des taux comme celle que nous traversons actuellement.
Développer les marchés financiers domestiques, rendre les régulations plus flexibles et renforcer les partenariats transfrontaliers figurent parmi les mesures nécessaires pour garantir un modèle de croissance soutenable. Les politiques initiées par la Banque de France en ce sens témoignent de sa capacité à anticiper les défis et à mettre en œuvre des solutions pratiques et innovantes.
Des ambitions claires pour 2025
Dans un contexte marqué par une grande volatilité, les efforts de la Banque de France illustrent un engagement déterminé en faveur du financement des entreprises. Que ce soit par la maîtrise de l’inflation, le développement de nouveaux outils comme l’UEI ou le soutien aux circuits de financement innovants, l’accent est mis sur une approche proactive et adaptée aux réalités du terrain. À mesure que l’année 2025 avance, les acteurs économiques français devront faire preuve de résilience et saisir les opportunités offertes par ce cadre renforcé. La collaboration entre régulateurs, financiers et entrepreneurs sera plus que jamais essentielle pour bâtir un écosystème économique solide et inclusif.