Malgré une légère amélioration, l’année 2024 a confirmé la tendance morose des rendements des contrats d’assurance vie en euros. Si certains contrats affichent une progression encourageante, le secteur peine à rivaliser avec des placements comme le Livret A qui reste une alternative prisée des épargnants. Tour d’horizon des performances des principaux contrats et des implications pour les investisseurs.
Sommaire
Une stagnation persistante sur les rendements en euros
En 2024, les taux des contrats d’assurance vie en euros restent inférieurs aux attentes des épargnants. La majorité des contrats proposés par les acteurs principaux oscillent entre 2 % et 2,5 %. Par exemple, le contrat phare Multiplacements d’Afer a progressé de manière notable, passant de 2,20 % en 2023 à 3,20 % en 2024. Cependant, cette progression reste en deçà des espérances dans un contexte économique marqué par un retour de l’inflation et des taux d’intérêt plus élevés.
Le Livret A, rémunéré à 3 % pour la première partie de l’année 2024, maintient une forte attractivité, en particulier auprès des investisseurs cherchant une garantie sur le capital et une liquidité quasi-immédiate. La concurrence avec ces produits d’épargne réglementés pèse sur les contrats d’assurance vie, malgré des avantages fiscaux sur le long terme.
Face à cette concurrence, peu d’assureurs réussissent à se démarquer. Quelques rares exceptions ont enregistré des performances au-dessus de la moyenne, notamment Ampli Mutuelle avec un rendement notable de 3,75 %, Carac à 3,30 %, ou encore MACSF à 3,10 %. Ces résultats, bien que meilleurs, restent loin des niveaux enregistrés avant la période prolongée de taux bas.
Des stratégies combinées pour relever la compétitivité
Pour améliorer les rendements face à cette stagnation, les assureurs encouragent les épargnants à diversifier leurs placements. Les fonds euros, historiquement appréciés pour leur sécurité, peinent à soutenir de fortes performances en raison d’une allocation majoritairement orientée vers des obligations d’État à faible rendement. Cette contrainte structurelle explique en partie leur faible compétitivité.
Les assureurs mettent en avant des solutions comme les unités de compte (UC), davantage exposées aux marchés actions ou immobiliers. En 2024, ces unités ont bénéficié d’un regain d’intérêt, avec une progression moyenne proche de 6 % sur des marchés boursiers européens légèrement haussiers. Cette flexibilité supplémentaire permet souvent de contrebalancer les limites des fonds euros. Cependant, ces options comportent intrinsèquement plus de risques pour le capital investi, ce qui peut décourager les investisseurs averses à la volatilité.
Malgré tout, certains épargnants optent pour des produits hybrides, comme les fonds eurocroissance, qui tentent de faire la jonction entre sécurité et perspectives de rendement plus élevées à moyen et long terme. Ces produits, bien qu’encore marginaux, commencent à occuper une place croissante dans la stratégie des assurances vie.
Une pression accrue des épargnants et du contexte économique
Les épargnants font face à un dilemme alors que l’inflation grignote les rendements réels de leurs placements. Dans ce cadre, de nombreux détenteurs de contrats scrutent de plus en plus attentivement les performances de leurs assureurs. L’année 2024 a marqué une intensification des demandes de transfert d’épargne vers des supports affichant de meilleures performances.
Par ailleurs, les conditions économiques globales exercent une pression sur les assureurs. La remontée des taux d’intérêt par les banques centrales crée un effet double. Si, d’une part, elle permet une amélioration progressive des rendements sur les nouvelles obligations acquises par les assureurs, d’autre part, elle accroît les attentes des investisseurs. Les clients comparent systématiquement les rendements des contrats en euros aux placements garantis comme le Livret A ou les assurances-dépôts.
Cette tendance pousse également à une restructuration du portefeuille des anciennes obligations à faible rendement, substituées progressivement par des titres plus rémunérateurs. Ce mouvement, même positif, reste lent et n’impacte pas immédiatement les résultats visibles des fonds euros.
Quelles perspectives pour 2025 et au-delà ?
En vue de 2025, les attentes se dirigent vers une lente mais progressive remontée des rendements des fonds en euros. La normalisation monétaire amorcée dans la zone euro et l’augmentation des taux des obligations d’État offrent des perspectives optimistes pour les épargnants. Cependant, les assureurs devront redoubler d’efforts pour réconcilier l’attractivité des contrats classiques avec les attentes des investisseurs.
Pour conserver leur compétitivité, certains assureurs devraient également renforcer leurs offres associant mélange de gestion sécurisée et diversification. Les innovations en matière de produits, telles que les supports ESG ou les fonds thématiques, pourraient attirer un nouvel intérêt, notamment chez les jeunes épargnants plus sensibles aux placements responsables.
En conclusion, malgré une légère amélioration des rendements en 2024, les contrats d’assurance vie en euros peinent à s’affirmer comme un choix prioritaire. Pour les épargnants, le défi est désormais de parvenir à conjuguer sécurité et dynamisme dans une conjoncture encore incertaine. Les prochaines années détermineront si les fonds euros retrouveront leur lustre passé ou si leur rôle sera éclipsé par des solutions davantage tournées vers la prise de risque.